JAURES, REVIENS, ILS SONT DEVENUS FOUS !

lundi 13 février 2006

Jean-Yves Hayez [1]

35,9 millions d’euros pour le circuit de Francorchamps, et sans grand Prix couru en 2006. Sourire aux lèvres, ils nous jurent que c’est un bon accord ( le ministre Antoine), un peu cher peut-être (le ministre Marcourt), mais que voulez-vous, chers concitoyens, on n’avait aucune carte en main (le ministre- président). Pas un sou de plus, c’est promis, comme on dit toujours quand on examine le devis avant de construire la maison....

Un prix exorbitant, quel que soit le respect que j’ai pour le maintien de l’emploi dans cette région.

35,9 millions pour du bitume et la fumée des moteurs alors que :

- 15% des belges vivent sous le seuil de la pauvreté.

- Il nous manque des milliers de logements sociaux.

- Le chômage, notamment des jeunes, reste effrayant, et certaines zones de la région wallonne (le Borinage par ex.,) véritablement sinistrées.

- Plutôt qu’accroître significativement l’emploi des enseignants, on préfère encore et toujours les classes à gros effectifs ; on préfère fermer les petites écoles rurales dès qu’il y manque un élève.

- On n’aura bientôt plus de médecins ni d’infirmières dans les hôpitaux.

- L’ouverture aux immigrés pauvres, çàd à la misère du monde, est des plus réduites ; on les parque comme des bêtes avec leurs enfants dans des centre fermés.

La liste peut s’allonger, presque indéfiniment. S’ils répondent à ceci, je les entends déjà nous embrouiller en faisant remarquer que certaine de ces plaintes ne sont pas de leur compétence. Ben voyons !

Demain, ils vendront à Myttal les 450 millions d’euros d’action de la région wallonne, en nous expliquant, toujours la main sur le cœur et le nœud papillon frétillant que « c’est une bonne affaire pour nos concitoyens ». Et après-demain, Myttal saignera l’Europe à blanc.

Ce qui m’effraie, autant que les aberrations de leur politique, c’est notre silence soumis de citoyens....une bonne préparation de marketing à la RTBF, et hop, ça va passer comme sont passées mille autres incommensurables bêtises ou turpitudes.

Quand allons-nous enfin dire NON, comme des populations savent parfois le faire en se levant en masse , sans leurs partis politiques auxquels elles ne croient plus elles non plus. En Bolivie, en Afrique, on descend dans la rue, pacifiquement, à la Gandhi, et on finit par chasser les plus incapables. L’heure n’est-elle pas venue d’y réfléchir sérieusement ?

Jaurès, et vous, tous les grands socialistes de la première heure, et vous, Monseigneur Mercier et les grands chrétiens engagés dans de dures luttes sociales, revenez, revenez vite, ils sont devenus fous !


[1Psychiatre infanto juvénile, docteur en psychologie, professeur ordinaire à la Faculté de médecine de l’Université Catholique de Louvain, chef du service de psychiatrie infanto-juvénilee des Cliniques Universitaires St-Luc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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