"Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i" (Claude Semal)

vendredi 26 mai 2006, par Chroniqueur Willy Vandemoortele

S’il y a un rare aspect où je me sens quand même un tout petit peu Belge, c’est dans une certaine forme de masochisme.
En effet, je me suis encore imposé une dernière fois hier la vision de l’émission de télévision "La soirée infernale", sorte de bouffonnerie intello-bobo particulièrement onéreuse de notre Retebe qui sévit aussi depuis de trop longues années à la radio publique belge sous le nom de "Semaine infernale".
Caractéristique du bourgeois-belge-bohème, spectateur et/ou auditeur type de celle-ci ?
Il rit de la "province", il est nombriliste et se croit avant-gardiste.
Convaincu d’être proche du peuple, il a cependant souvent les poches bien remplies ou alors voudrait les avoir car il a l’esprit des habitants riches de la ville et même si possible de la "capitale"...

Alors, oui, encore merci, Charles de nous avoir ouvert les yeux au XIXème siècle et Claude plus récemment...

« Le visage belge ou plutôt bruxellois, obscur, informe, blafard ou vineux, bizarre construction des mâchoires, stupidité menaçante. La démarche des Belges, folle et lourde. Ils marchent en regardant derrière eux, et se cognent sans cesse [...]

Affreuse laideur des enfants. Pouilleux, crasseux, morveux, ignobles. Laideur et saleté. Même propres, ils seraient encore hideux.

Peuple siffleur et qui rit sans motif, aux éclats. Signe de crétinisme. Tous les Belges, sans exception, ont le crâne vide [...]

Pas de femmes, pas d’amour. Pourquoi ? Pas de galanterie chez l’homme, pas de pudeur chez la femme. La pudeur, objet prohibé, ou dont on ne se sent pas le besoin. Portrait général de la Flamande, ou du moins de la Brabançonne. (La Wallonne, mise de coté, provisoirement.)

Type général de physionomie, analogue à celui du mouton et du bélier. Le sourire, impossible, à cause de la récalcitrante des muscles et de la structure des dents et des mâchoires. Le teint, en général, blafard, quelques fois vineux. Les cheveux jaunes. Les jambes, les gorges, énormes, pleines de suif. Les pieds, horreur !

En général une précocité d’embonpoint monstrueux, un gonflement marécageux, conséquence de l’humidité de l’atmosphère et de la goinfrerie des femmes. La puanteur des femmes. Anecdotes. Obscénité des dames belges. Anecdotes de latrines et de coins de rue. Quant à l’amour, en référer aux ordures des anciens peintres flamands. Amours de sexagénaires. Ce peuple n’a pas changé, et les peintres flamands sont encore vrais.

Ici, il y a des femelles. Il n’y a pas de femmes [...]

Il est difficile d’assigner une place au Belge dans l’échelle des être. Cependant ont peut affirmer qu’il doit être classé entre le singe et le mollusque. Il y a de la place [...] A quel échelon de l’espèce humaine ou de l’espèce simiesque placer un Belge ? [...]

La Belgique est un bâton merdeux ; c’est là surtout ce qui crée son inviolabilité. Ne touchez pas à la Belgique ! [...] »

(Charles Baudelaire, Pauvre Belgique, vers 1864-1866)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse ton crachin asthmatique

et ton micro-climat pourri

(...)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse ta frontière linguistique

Et les crassiers de tes aciéries

(...)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse ton Yser nostalgique

Le VMO et ses conneries

(...)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse tes schtroumfs olympiques

Ton zoo d’Anvers et Walibi

(...)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse ton bonheur en barrique

Danse des canards et pot-pourri

(...)

Noble Belgique merdeau chéri-i-i-i-i

Je te laisse les plumes d’autruches des filles

Plantées dans le cul de tes terrils

(Claude Semal, extrait de Noble B)

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