Survivre en milieu insolite

mardi 19 février 2013, par Bistrot Le®Bourlingué, Reporter Arlette Davidson

A l’hôpital, Marianne vient de descendre au Bloc à 15 h,
tandis que moi je rentre seulement à la maison,
laquelle me paraît déjà bien vide. Au détour du couloir principal, mon attention est attirée par une pièce inconnue, dans laquelle je pénètre et découvre un lieu à l’ameublement étrange : La cuisine !

Soudain, un grognement sourd et féroce retentit du fin fond de cette jungle !
Je suis bien décidé à en découdre avec la bête, j’abandonne quelques mots sur la table du salon à l’attention des secours et je prépare mon expédition.

Je ne prends que l’essentiel, pas besoin de GSM car je présume que l’on ne capte pas dans cet enfer.
Quelques provisions, un Balisto et le dernier antibiotique d’une boite qui trainé par là ;
On ne sait jamais, une morsure de la bête pourrait être fatale.

Au portail de la jungle, armé de mon coupe-ongle, j’adresse un adieu à la boite vocale de ma mère.
Ensuite, je laisse glisser de mes doigts et tomber sur le sol,
mon iPhone 9.S, dernier vestige de la présence de la civilisation à cet endroit.


A peine quelques pas et déjà les lois de la jungle me rappellent que je suis dans un milieu hostile.


Une douleur intense me barre le front et une mèche rebelle, à la Tintin, apparaît sur le sommet de mon crâne ;
C’est le manche de la raclette sur laquelle je venais de marcher.


Fort de cette première expérience, je décide de redoubler de prudence et continue mon expédition.


La nuit tombe, il est temps que je trouve une couche. Je regarde autour de moi, mais rien ne me semble très confortable et je commence sérieusement à avoir faim.


La chance me sourit, au détour d’un sentier : une oasis. Devant moi, le paradis deux mètres dix de réfrigérateur Wirlpool, ma survie est assurée.


Ensuite, j’entrouvre la porte du jardin d’Éden et voilà déjà une apparition idyllique :
 Une armée de bières trappiste se dressant là, comme de bons petits soldats.


Je n’hésite pas, en général d’infanterie, à inspecter les troupes.

« A moi ! Centurion !  »

je ne sais pas ce qu’il me prend, sans doute une morsure de serpent, mais je ne me sens pas très bien : La tête me tourne et dans mon dernier souffle je prends mon antibiotique.


Comme le prescrit toute bonne notice, je m’enfile par la même occasion le Balisto pour préserver mon estomac.
Horreur et prescription ! Ce ne sont pas des antibiotiques, mais de l’aspirine !


Mon estomac enfle, mes joues ressemblent à celle d’un hamster et je prends peu à peu la posture dite du Vésuve.


Tiens ? Mes papilles gustatives ont le plaisir de savourer une seconde fois ce bon vieux Balisto®, tandis que je commence à faire des bulles et sombre dans le coma.


Un hurlement de loup m’extirpe de ma léthargie, il me semble distinguer une ombre inquiétante ; La bête doit faire dans les deux mètres de haut, pour un poids de 130 kg.


Elle bondit dans ma direction, je vis mes dernières minutes.
Une grosse langue baveuse me parcourt le visage, la bête ne me trouve-t-elle pas à son goût ? Mais non, quel étourdi, c’est Pignouffe mon chien !


Dans un dernier élan (aucun rapport sexuel avec l’élan n’a encore été prouvé à mon encontre), poussé par l’instinct de survie sans doute, j’agrippe la queue de ce dernier,
il me traine dans toute la pièce.

Dans la course, ma mâchoire heurte son bol d’eau, l’occasion de sortir la langue pour me désaltérer une dernière fois.
Je lâche ma prise et glisse sur quelques mètres, pour finir par avoir un point de vue détaillé sur le carrelage composant la fresque de la plinthe.


Je peux sentir, du bout des doigts, le bas relief du carrelage qui s’est imprimé sur mon front. J’ai dans la tête, le bourdonnement d’un gong chinois et je conclus que je dois être à proximité d’un temple bouddhiste.


Une tribu d’autochtones passe devant moi et entre dans une case assez étrange, où l’on peut lire sur le fronton : Baygon ® anti-fourmis.

Je garde en mémoire les dernières aventures de Koh-Lanta et n’hésite pas à lutter pour ma survie, en avalant tout rond ce fourmillement de protéine.


Avec la case en moins ? Non, la case y compris !


Dans le basculement en arrière de la tête, afin d’avaler mes copines.
Je vois au loin les vapeurs d’un volcan et les grognements qui mon conduit ici, accompagnant les projections de fumées.


A l’aide des tessons de bouteilles de trappiste, je me confectionne, à la manière du bourlingueur des jumelles.

Et là, ce que je prenais pour l’Etna, n’est rien de plus que le percolateur qui était resté allumé !


Mais hélas, j’ai bien peur que mon corps sur-entrainé ne me fasse défaut et n’accepte pas bien, mon nouveau régime voué à la survie.
Je me réveille enfin, après un sérieux lavage d’estomac conséquent à l’empoisonnement d’une eau bien trouble, de l’absorption d’un insecticide, un cachet d’aspirine, d’un Balisto® périmé et j’en passe ...


Je tourne la tête en affichant un sourire béat vers le lit de Marianne et je lui dis « je ne peux pas survivre sans toi ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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