Pollu ? Pas lu ?

jeudi 16 février 2006, par Professeur Rudy Van Trouvé

Les sous-sol de l’affaire des sous-sols de ...

Notre pauvre Wolloniye est, on le sait, polluwée . Heureusement, nos autorités sont arrivées, sans se presser, comme chantait un vieux chanteur salvadorien. Et elles ont décidé de prendre les choses en moins, et le taureau par le morne.

Elles ont d’abord décidé d’établir une liste des sites pollués, en tête de laquelle, paraît-il, le site de la Faculté de Belgologie . 7000 ! 7000 lieux sont ainsi cradesques !

En face de chez nous, par exemple, dans la cité du tout doux Elio et des patrimoines d’abbaye et des Intemporalités Unesquiennes, en face de chez nous il y avait une usine à gaz. Depuis 1830, on y brûlait du coke colombien entre autres afin de produire du gaz borain. Un jour, ça a commencé à sentir mauvais pour le charbon, il fut contaminé par de l’eau propre sans doute, et surtout, notre Nââtion se fournit directement chez des rustres russes et des algériens, l’air de.

On ferma l’usine.

Nous, Professeur Rudy Van Trouvé , habitons de l’autre côté de la rue, et depuis 1992, nous avions vue sur les restes de cette industrie. Un bâtiment, moche pour certains esprits toujours prêt à moudre du chagrin, mais un bâtiment beau à nos yeux. Brique rouge, fenêtres arrondies, et depuis au moins 40 ans, une grosse fuite dans la corniche.

Un jour, nous apprenâmes que un architecte avait l’intention d’y construire des lofts. Cependant, le schieven architek avait promis de garder la façade et l’atmosphère des lieux, atmosphère qui, on ne l’ignore pas, toujours une gueule de.

Quelques mois plus tard, fin 2005, des travaux deboutèrent, tirent, euh butèrent. On démonta les toitures, ne restaient que les murs, à première vue classés au pas très moine de l’Une ou l’Autre Nesco locale. Ils firent tomber l’arrière, puis les parois latérales, ne demeurait que la façade à front de rue. C’est à ce moment qu’ils comprirent que jamé au grand jamé, ce mur ne tiendrait le coup : les joints étaient friables, eux qui plus de 120 ans durant avaient subi la chaleur des fours à coke. Il fallut donc se résoudre à démolir la seule partie de l’usine qui devait au départ être conservée ...

C’est à peu près à cette époque que nous avons commencé à rigoler très fort.

L’entreprise était tellement nulle qu’en tentant de faire choir les briques à l’intérieur du périmètre des travaux, elle réussit à tout faire débouler sur la route fort fréquentée. Comme personne n’avait prévenu les polices, on frôla ce jour-là la mort de passants et d’automobilistes.

Dans les jours qui suivirent ce tremblement de bière, les ouvriers cons cassèrent les briques jusqu’à les retourner en poussière, plus facile à transporter. Nos jardins en rougirent ... et ça sentait assez mauvais. Un ouvrier con (caaassseeeééé !)nous répondit : - C’est normal, les briques sont bourrées d’arsenic.

Bien entendu, le voisinage n’avait pas été prévenu alors qu’il’était près. Dans les jours qui suivirent, les assez cons cassés se mirent à creuser d’immenses trous : - C’est normal, on doit dépoluuer les terres et puis on doit faire un parking sousterrain. Mais les murs de nos maisons tremblaient si fort : - On le sait bien, d’ailleurs on a fait des photos de vos bicoques.

Sans nous le dire au préalable, et sans faire d’état des lieux de l’intérieur de nos chaudes mières, d’ailleurs. Si bientôt vous apprenez que le professeur Rudy est mort étouffé sous son toit, vous saurez pourquoi.

Mais ce n’est pas tout. Bientôt les convriers eurent une surprise de taille ! De manière imprévue, ils dénichèrent, enfouie dans le sol, une cuve bourrée à ras le bol de matière glauques et noires. La dite cuve se situait sous un parking appartenant à l’Immunicipalité ... ils kapoutèrent donc le parking, sortirent de la cuuufff’ toutes espèces de saloperies ... qu’il laissèrent brûler trois jours durant à l’air libre, tandis qu’un tuyau déversait en permanence une eau à fort relents mazoutés dans la rue.

Or, il gelait ces temps reculés !

L’eau maussade se congela, une vieille dame se cassa la figure dessus. Appélées à la rescousse, les poilantes polices nous déclarèrent que ce n’était pas si grave, toulmême !

Un matin, on vit débarquer une équipe de la télévision de la Communauté de l’Anneau Français et des journaleux du journal La Tromince. Dans un reportard diffusé à très zeure, quand personne n’est regardant, quoi !, on apprit que oui, la société ECO TERRES travaillait comme un cochonnet qui a perdu ses boules, alors qu’elle était sensée DÉPOLLUWER, que nous avions respiré de l’amiante, de l’arsenic, du benzène, du souffre, du plomb. Les journalisteux se baladaient avec des masques, les voisins non.

Mais le plus comique est à venir.

La semaine dernière, une grue s’est aventurée un peu trop loin. Elle a dévalé un pente, et s’est embourbée dans une immense mare. A l’heure où j’écris ces lignes, la rue est interdite à la circulation. Car un gigantesque engin est en train d’essayer de la tirer de là. Ca doit drôlement plomber le budget du chantier, ça ! Ah ah, ajouterons-nous, bien que nous soyons un unversitaire de la meilleur tenue.

En résumé, nous ne pouvions manquer de faire savoir au monde entier à quel point les Entreprises Belches sont perspicaces et talentueuses ! Surtout l’opaque SPAQUE financée par nos impôts !

LE TROP FESSEUR RUDY TROUVÉ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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