Lettre d’un empêcheur de tourner en rond !

mercredi 25 juin 2014, par Professeur Rudy Van de Wisselear

Chers confrères,

Je tenais à vous faire par de mes inquiétudes relatives à l’actualité.

En effet, la presse nous relaie le cas du lycée Guy Cudell de St Josse-ten-Noode, concernant le port de l’uniforme : « Les inégalités sociales ressortent au travers des tenues vestimentaires. Via ce code, nous voulons faire des élèves des ambassadeurs de l’établissement. » a expliqué l’échevin de l’enseignement M. Philippe Boïketé.

Cette actualité me rappelle cette fable, qui se déroule non loin de Bombay, à l’époque des trains transcontinentaux.

La locomotive entrait en gare, crachant son épais panache de vapeur, dans le cri strident des fers qui s’entre-frottaient et de son sifflet que le mécanicien actionnait pour avertir les passagers de son arrivée sur les quais.
A peine le train est-il immobilisé, que le chef de gare se hâta d’ouvrir les portes d’où sortaient de grandes dames, couvertes de leur chapeau en crinoline qu’elles retenaient d’une main, tandis que l’autre agrippait fermement la rampe, précédant leurs époux qui recrachaient la fumée de leur gros cigare.

Le personnel du quai s’affairait dans ce balai gracieux du débarquement des valises et du ravitaillement du convoi. A l’intérieur, sont restés quelques citoyens britanniques, dont leur voyage aboutissait aux escales suivantes.

Dans le plus luxueux des compartiments restaurant, quelques gentlemans déjeunaient avec leurs dame, contemplant cette valse synchronisée par les rugissements du chef d’embarcadère.

Hélas, l’allégresse du moment s’estompa brusquement, lorsqu’ils réalisèrent, qu’à quelques pas de leurs assiettes, de jeunes enfants, le ventre gonflé par la famine, succombaient à leur malnutrition.

Les femmes furent les premières indignées, de chaudes larmes couraient sur les joues des plus attendries, tandis que les hommes, plus durs et plus forts, manifestaient autoritairement leur indignation face à cette scène insupportable.

L’appétit coupé et la voix tremblante, nos notables ne pouvant plus supporter le drame qui se déroulait, lâchèrent émus « Il faut faire quelque chose, quelle misère ! C’est vraiment insoutenable  ! ».

Au fond du compartiment, Lord Richardson semblait avoir gardé la tête froide. Résolu à mettre fin à ce supplice, il se leva et se dirigea vers les groupes de voyageurs indignés. Il tira fermement les rideaux de chaque table, occultant la tragédie qui se jouait sous leurs yeux.

Dès la dernière fenêtre close, l’homme reçu d’unanimes hommages, dans le tintement des coupes remplies de champagne en son honneur. Au terme de quelques minutes échues, tous retrouvèrent l’appétit et burent à la santé de leur sauveur.

Cette allégorie illustre bien le cas présent : Pour lutter contre les inégalités sociales, couvrons nos élèves d’un uniforme. Peu importe si elle les prive de la liberté de se vêtir comme bon leur semble, ce qui compte, c’est de ne plus voir la pauvreté et de rehausser l’image du monde qui nous entour.

Voici comment nous résolvons nos problèmes : En appliquant la politique de l’autruche.

Ne serait-il pas plus simple de lutter à la base de l’inégalité sociale ? Bien non, ce serait abolir les privilèges là où la révolution échoua. Finalement, l’aristocratie doit bien se reconstruire, n’est-ce pas ?

Qu’en pensez-vous chers confrères ?

Ne devrions-nous pas nous impliquer plus dans cette lutte contre la pauvreté et sensibiliser nos décideurs à cette problématique ?

Ne serait-ce pas notre rôle de montrer la voie ver l’humanisme et l’équité ?

En vous saluant bien cordialement,

Prof. Steven Tura.


Ah Steven,

Vous me ferez toujours rire ! Qu’est ce que vous nous emmerdez avec votre morale à la con !

Je vous répondrai en reprenant l’expression d’un de mes amis, Michel P. pour ne pas le citer : « Je sais que vous êtes pauvres et que vous avez faim. Mais prenez un peu sur vous et laissez-nous faire la fête. Après, si vous le voulez, vous pourrez toujours faire la révolution ! Mais ne venez pas gâcher cette opportunité de nous divertir. ».

Alors, cher Steven, nous avons décidé de faire la fête aux Diables à grands bols d’Oxomeliet. Et sus la pauvreté, sus les favelas, sus la misère du monde et place au divertissement.

Allez les Diables …

Prof. Rudy Van de Wisselaer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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