Liberté d’expression.

jeudi 22 janvier 2015, par Professeur Rudy Van de Wisselear

Chers professeurs,

Je m’adresse à vous, suite aux événements récents.

En effet, depuis les attentats du 7 janvier, tout le monde, les politiques en premier, milite pour la liberté d’expression. Au nom de cette vertu, qu’est la laïcité, le droit à cette liberté nous est enseigné comme fondamentale.

La mort, regrettée, des caricaturistes est levée au rang d’acte héroïque, allant même jusqu’à le qualifier d’acte de bravoure et de faits d’armes exceptionnels. Relançant ainsi le débat sur cette sacro-sainte liberté.
Sans oublier, que parmi les militants actuels, quelques un fussent au sommet de la politique et, en tant que parton de chaînes d’information, n’ont pas hésité à se mêler de la ligne éditorialiste de leurs filiales.

C’est en lisant, aujourd’hui, qu’un mineur est placé sous mandat d’arrêt, pour avoir caricaturé Charlie Hebdo. L’arroseur arrosé en somme. En effet, le parquet de Nantes a estimé que celui-ci faisait l’apologie du terrorisme. Tout comme ce provocateur, qui fut drôle autrefois, pour des propos jugés tout aussi en faveur des soldats de la terreur.

C’est en apprenant tout ça que je suis sorti hors de mes gonds.
Je n’ai pas à qualifier ces actes, mais ceux-ci m’interpellent et je me permets de vous soumettre mes quelques interrogations à ce sujet.

Liberté d’expression est-elle un droit divin ?

L’affaire de Charlie Hebdo cache une réalité bien plus sombre :

  • Combien de fois ne se sont-ils pas retrouvés devant les tribunaux pour défendre leur droit à la libre expression ?
  • Parmi leurs détracteurs, combien ne sont-ils pas aujourd’hui à tirer à boulets rouge sur les ennemis de ce droit sacré ?
  • Combien de frais de justice cela n’a-t-il pas engendré à ce pauvre journal ?

Il est dommage de constater que le droit à la liberté d’expression est, à présent, réservée à une élite ayant les moyens de se défendre. Cela ne fait que confirmer qu’un droit divin est toujours réservé à la caste des grands prêtres, détenteur des saintes lois.

Il ne faut d’ailleurs pas aller si loin pour se rendre compte que cette liberté est absolument réservée à ceux qui en ont les moyens :

  • Le droit d’auteurs, n’est jamais en faveur des moins fortunés, il suffit devoir les nombreux cas où de modestes artistes se sont fait plagier, sans même pouvoir se défendre, puisqu’ils n’avaient pas les moyens financiers pour faire constater et prouver qu’il y ait eu atteint à la propriété intellectuelle.
  • Que le risque de condamnation pour diffamation, nous empêche de dire, que parmi la Carolo, certains n’eussent pas été très honnêtes.
  • Que le crime de lèse-majesté nous empêche de dire que le roi à xx xxxxx xxx.
    Que le politiquement correct nous interdirait presque de dire « femme de ménage » au lieu de « technicienne de surface », mais là nous entrons dans l’opinion publique

Parlons-en de l’opinion publique : La liberté d’expression est-elle compatible avec l’étroitesse d’esprit ?

Malheureusement, il n’y a pas que la justice pour restreindre ce droir ; La bien séance populaire est bien pire encore, elle nous interdirait de dire ce que nous pensons et ce, même sans haine ni violence, comme le cas de ce météorologue bien connu. Il ne fût non pas condamné par la justice, mais par son employeur, sans la moindre forme de procès.

  • Qui oserait être opposé à l’idée de l’adoption par des couples homosexuels, sous peine d’être qualifié d’homophobe ?
  • Ou encore, qui oserait être publiquement en faveur des mariages zoophiles ? En effet, pourquoi ne pourrais-je pas épouser mon chien ou ma sœur ?

Personne, car cela soulèverait un tel tollé, que la sentence de la rue serait bien plus pénible que toute condamnation judiciaire.

Alors, liberté d’expression mon cul !

En effet professeurs, je pense que nous ne sommes pas prêt pour les responsabilités qu’impose la liberté d’expression.

Qu’en pensez-vous ?

Cordialement,
Guy Moff


Cher Guy,

Je vais vous prouver que la liberté d’expression existe réellement, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai accepté, exceptionnellement, la publication de votre message.

Comme cela, vous serez fort de constater par vous-même que nous ne censurons pas à la FUB.

A mon tour, je vais m’exprimer sans craindre la moindre censure et vous dire profondément ce que je pense de votre courrier :

Vous me faites chier avec vos questions à la noix et ça, à moins de trois jours de l’ouverture de Mons 2015 !

Voilà qui est dit.

Très cordialement,

Le doyen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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