Libérons les produits !

mardi 4 avril 2006

Par le Professeur Rudy Van Trouvé

Après une période d’intense travail expérimental en chambre neutre, nous, le Professeur Rudy Van Trouvé , avons enfin trouvé l’occasion de mettre le nez dehors, c’est à dire en somme devant un écran d’ordinateur.

Nous avons donc poursuivi notre étude des offres d’emploi belgo-illogiques, traquant sans cesse l’idiotie et la contradiction, voire parfois la poésie.

Ainsi, nous avons découvert qu’un magnifique métier s’offrait à tout belge qui le désirerait. Fabuleux !

Le poste est : ASSISTANT LIBERATION DE PRODUITS.

Il suffisait d’y penser, en effet ! Un produit manufacturé est, en réalité, prisonnier tout au long de sa vie. D’abord du processus de fabrication, qu’on nomme d’ailleurs : la chaîne. Ensuite, prisonnier d’un emballage, et on n’ignore pas qu’aujourd’hui, les emballages attirent l’attention bien plus que le produit lui-même, ce qui rend le produit à nouveau prisonnier, cette fois du look ou tape-à-l’oeil. Existent également la chaîne alimentaire, et la chaîne du froid, sans compter la chaîne de supermarchés ...Par après, le produit est prisonnier de la consommation que le consommateur en fera. Pensons aux millions de lecteurs DVD prisonniers de lourdes télévisions auxquelles ils sont reliés en permanence, prisonniers d’affreux salons, entre la photo de Ma Tante Julienne et la peau de mouton ramenée de Monastir l’été dernier. Le lecteur DVD sera également prisonnier de son destin : à sa mort programmée, il sera reconduit à Carrefour, empilé sous de vieux ordinateurs, des séchoirs niqués, des frigidaires baveux, pour obéir au fameux système RECUPEL. Et au bout du compte de ce purgatoire, la décharge, le recyclage ... ou un village africain après être passé entre les mains noueuses d’une bénévole quadragénaire d’OXFAM. 

Heureusement, une société se propose de vous engager, à Lessines, lieu de naissance du peintre Magritte (un fait exprès ????) pour : "libérer les produits finis dans les délais définis." De la même manière que de charmantes personnes accueillent les vieux chevaux, les chats errants, les chiens perdus, les bourgmestres faisant fonction, vous pourrez enfin libérer des produits finis, finis donc en fin de vie, et leur permettre de vivre leur vieillesse dans un environnement campagnard, sans subir l’euthanasie du produit fini.

Mais avons-nous bien compris le sens de cette offre d’emploi ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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